Merkel et Macron font-ils pression pour une réforme du MES pour protéger les banques allemandes et françaises?

Merkel et Macron font-ils pression pour une réforme du MES pour protéger les banques allemandes et françaises?

Toute l'actualité de la réforme Mes analysée par Giuseppe Liturri

Le bilan des deux jours à Berlin qui ont vu le ministre de l'Economie Roberto Gualtieri participer d'abord à l'Eurogroupe puis à une réunion informelle du Conseil de l'UE dans la configuration Ecofin est définitivement inquiétant.

En fait, seuls quelques mois se sont écoulés depuis les réunions similaires des 4 décembre 2019 et 20 janvier 2020, qui se sont terminées par la confirmation de l'accord «de principe» de la réforme du MES, et l'accord pour finaliser les derniers détails par Mars, puis procéder à la signature. Le processus s'est ralenti certainement pas grâce à Gualtieri, mais à cause d'un problème juridique soulevé par les Français. Depuis, tout a changé, sauf l'ordre du jour de ces forums, qui est redevenu exactement le même qu'il y a neuf mois.

Hier, nous avons déjà souligné le soutien inhabituel et public réservé par le président Pascal Donohoe à Gualtieri qui voulait manifestement faire savoir aux Italiens, à travers la voix de l'Irlandais, que dans les négociations sur la réforme du MES, il s'était battu comme un lion. Le deuxième jour de travail, Gualtieri n'a pas hésité à utiliser l'aide de son collègue pour déclarer, comme si de rien n'était, que «nous nous sommes mis d'accord sur l'opportunité de travailler pour avoir l'introduction rapide du backstop d'ici la fin de l'année prochaine. Cela nécessite quelques étapes et nous permettra en Italie de nous attaquer à ce problème un peu figé ». Des propos qui confirment que la réforme du MES est désormais terminée et que le débat ne s'est déplacé que sur l'éventuelle avancée, à la fin de 2021, de l'opération de soutien au Fonds de résolution unique pour les crises bancaires (FRU), deuxième jambe encore incomplète de l'union bancaire, encore plus incomplète. Maintenant nous, ne connaissant pas les conditions du congélateur du ministre, ne nous fions pas à ses paroles et nous laissons guider par la lecture des documents. Et la contradiction entre la première et la seconde est évidente. En effet, la résolution parlementaire du 11 décembre 2019 engageait le gouvernement à «maintenir la logique du paquet (MES, BICC, union bancaire) […] notamment, à exclure les interventions restrictives sur la détention d'obligations souveraines par les banques et institutions financières et en tout état de cause, la pondération des risques des obligations d'État par la revue de leur traitement prudentiel, et en excluant les dispositions prévoyant une contribution des établissements financiers à l'EDIS sur la base du risque de portefeuille des obligations d'État ".

Donc Gualtieri ignore à deux reprises le mandat parlementaire: il ne respecte pas la logique du paquet dans laquelle le Parlement l'avait engagé, laissant la réforme du MES se dérouler sans être perturbée et même en pensant sans aucune hésitation à l'avancée du parachute vers le FRU fourni par le MES. . En outre, bien consciente du danger de la proposition allemande de garantie commune des dépôts (Edis) – qui fournit précisément ce que le Parlement a résolument voulu exclure – laissons cette proposition sur la table et procédons à son calendrier. Nous nous demandons quel pouvoir de négociation Gualtieri aura un jour à l'avenir lorsque, une fois la réforme du MES approuvée, il devra avoir le courage de rejeter la proposition allemande. La crainte que cela passe aussi, peut-être sous la pression de quelque «dépêchez-vous» ad hoc, n'est pas sans fondement. Mais toute cette précipitation – la méthode habituelle en Europe, quand les choses se compliquent – sur le moment de l'approbation finale de la réforme du MES suscite d'autres soupçons.

Puisque le FRU est alimenté par les contributions des banques et devrait atteindre son niveau final de 55 milliards début 2024, ce qui cache la volonté de le soutenir, déjà d'ici 2021, avec 68 milliards supplémentaires prêtés par le MES, en cas de panne de fonds. ? Y a-t-il une grande banque en Europe qui ressemble plus à un zombie? Quelques craquements lointains du système bancaire espagnol et français étayent cette suspicion. Puisque notre pays en 2010-2012 a déjà épargné une fois, via des prêts bilatéraux et FESF aux Hellènes, les créanciers imprudents des banques allemandes et françaises, nous ne voudrions pas que l'histoire se répète.
Par ailleurs, Gualtieri estime que l'on ne se souvient pas qu'en janvier l'Eurogroupe a accepté de conditionner l'éventuelle avance du backstop en faveur du FRU, à la vérification, à réaliser en 2020, des progrès suffisants dans la réduction des risques dans les bilans bancaires. Comment pensez-vous que cette évaluation peut être faite dans la crise financière actuelle, qui promet une nouvelle flambée des créances douteuses?

Gualtieri tente de nous faire digérer la réforme du MES en ne parlant que du parachute pour les banques mais nous cache le pire: l'évaluation préventive de la soutenabilité de la dette et l'utilisation de paramètres automatiques (pénalisants pour nous) pour nous envoyer directement aux bénéficiaires de la ligne de crédit. Crédit conditionnel amélioré (ECCL) avec mesures correctives. Le piège parfait pour installer la Troïka au Palazzo Chigi.

Enfin, les déclarations du propriétaire du Mef concernant les recettes propres de l'UE pour financer le Fonds de relance n'apparaissent pas du tout rassurantes. Affirmer que "nous avons accueilli positivement la volonté de la Commission et de divers pays de relancer et d'aborder la question des ressources propres" signifie, dans le langage doux de Bruxelles, que les hypothèses de taxe numérique et autres taxes qui peuvent remplacer la poids des contributions calculé sur la base du PIB qui, en 2019, représentait 76% des 17 milliards versés globalement à l'UE. Mais fondamentalement, qu'il s'agisse de taxes ou de contributions, le rôle du contribuable net de l'UE est une cage sans issue. Peut être.

(Article publié dans le journal La Verità )


Cet article est une traduction automatique de la langue italienne d’un article publié sur le magazine Début Magazine à l’URL https://www.startmag.it/mondo/merkel-e-macron-spingono-sulla-riforma-del-mes-per-tutelare-le-banche-di-germania-e-francia/ le Sun, 13 Sep 2020 13:23:07 +0000.